MAISON&OBJET 2026
Dernière mise à jour : 7 oct.
Ce que je retiens de cette édition de Maison&Objet 2026

IL Architecte d’intérieur
Cette année, j’ai eu le plaisir de parcourir Maison&Objet 2026, à Paris. Pour moi, visiter ce salon n’est pas seulement découvrir les nouveautés ou repérer les tendances. C’est aussi observer, toucher les matières, et voir comment les couleurs interagissent. C’est découvrir de nouveaux savoir-faire et ressentir les ambiances.
Je suis revenue avec de nombreuses images et une impression forte : nos intérieurs veulent retrouver de la matière, de la douceur et une certaine authenticité. Au fil des stands, j’ai retrouvé plusieurs éléments qui font déjà partie de ma manière d’aborder l’architecture intérieure. J’ai vu des matières naturelles, des teintes enveloppantes, du bois, des imperfections assumées, et une recherche d’équilibre entre esthétique et bien-être. J’ai aussi découvert des univers plus inattendus.
Voici ce que je retiens de ma visite.
Le retour d’une décoration profondément naturelle

C’est probablement ce qui m’a le plus marquée. Partout, ou presque, j’ai retrouvé le bois, le rotin, les fibres tressées, la céramique, et des textiles épais. Les matières conservent une apparence artisanale. Les objets ne cherchent plus à être parfaitement lisses ou réguliers. Au contraire, on laisse apparaître une aspérité, une patine, une irrégularité dans la céramique ou les traces du temps sur un meuble. J’aime cette évolution. Un intérieur devient plus intéressant lorsque tout n’est pas parfaitement neuf et uniforme.
Sur certains stands, de grandes jarres patinées côtoyaient du mobilier en bois vieilli. Des objets façonnés à la main et des éléments végétaux créaient une atmosphère calme, presque hors du temps. C’est une esthétique qui fait écho au wabi-sabi et au Japandi, mais que je trouve aujourd’hui moins stricte et plus chaleureuse.
Les couleurs terre prennent possession des murs

Autre évidence de cette visite : la couleur est bien présente, mais pas sous la forme de couleurs très vives. J’ai surtout remarqué des nuances de terre cuite, argile, brun, caramel, beige, sable et écru. Parfois, elles s’associent à des tonalités plus profondes.
Un très beau mur terracotta mettait en valeur une œuvre blanche extrêmement texturée. Le contraste était simple, mais fort. C’est exactement le genre d’association que j’aime travailler dans un projet. Une couleur suffisamment présente structure l’espace, tandis qu’une matière claire capte la lumière. La couleur n’est alors plus simplement décorative. Elle participe à l’architecture de la pièce.
Des murs et des objets que l’on a envie de toucher

Cette édition m’a également confortée dans une tendance que j’observe depuis quelque temps : le relief devient essentiel. Enduits irréguliers, céramiques texturées, tableaux en volume, vases sculptés, tissus bouclés, fibres tressées… La décoration devient presque tactile.
Nous avons longtemps privilégié des surfaces très lisses et des lignes nettes. Aujourd’hui, je ressens que nous recherchons des intérieurs qui racontent quelque chose. Une surface imparfaite réagit différemment à la lumière au fil de la journée. Elle apporte des ombres, de la profondeur et une sensation difficile à obtenir avec une surface parfaitement uniforme. Pour moi, c’est un vrai outil d’architecture intérieure.
Le luminaire devient une sculpture

Impossible de passer à côté des luminaires. Ils étaient partout, souvent dans des dimensions impressionnantes. De grandes suspensions en fibres naturelles descendaient très bas au-dessus des espaces de vie. D’autres installations accumulaient plusieurs luminaires de tailles différentes pour créer une véritable composition. J’ai particulièrement aimé les modèles en rotin, fibres tressées et textiles clairs, qui diffusent une lumière douce.
Dans ces mises en scène, le luminaire n’est plus seulement là pour éclairer. Il devient un élément architectural à part entière. Une suspension peut structurer une table, matérialiser un espace repas dans une grande pièce ouverte ou apporter la verticalité qui manquait à un aménagement.
Des formes de plus en plus organiques

Tables aux angles arrondis, miroirs ondulants, vases irréguliers, fauteuils enveloppants, pieds de mobilier sculptés… Les lignes droites sont toujours présentes, mais elles cohabitent avec des formes plus libres. J’ai découvert une très belle table dont le plateau minéral était associé à des parties en bois aux formes organiques. Ce mélange entre la masse de la pierre et la douceur du bois m’a particulièrement intéressée.
Ces formes courbes rendent les espaces plus fluides et modifient notre perception d’une pièce. Dans mes projets, j’aime utiliser cela pour adoucir une architecture trop rectiligne ou accompagner naturellement les circulations.
Le Japandi évolue

Je retrouve toujours l’influence japandi que j’apprécie, mais je l’ai trouvée cette année plus généreuse. Le bois clair et les couleurs neutres sont toujours là, tout comme les lignes simples et la recherche d’apaisement. Mais on leur associe davantage de textures, de céramiques, de végétation, de luminaires artisanaux et d’objets ayant une vraie présence.
Le résultat me semble moins minimaliste au sens strict. Je parlerais plutôt d’un minimalisme chaleureux. On conserve peu d’éléments, mais chacun possède une matière, une histoire ou une fonction. C’est une vision de l’aménagement qui me correspond beaucoup : ne pas remplir un espace pour le décorer, mais choisir ce qui mérite réellement d’y être.
L’artisanat et l’imperfection comme nouveau luxe

L’un des stands qui illustre bien cette philosophie était celui de Snowdrops Copenhagen, avec cette phrase : « natural interior | intentional imperfection ». Une imperfection intentionnelle. Ces mots résument bien une partie de ce que j’ai observé à Maison&Objet.
Les pièces artisanales, les paniers tressés, les objets anciens, les bois patinés et les céramiques irrégulières apportent quelque chose qu’un objet parfaitement standardisé ne pourra jamais reproduire. Peut-être que le luxe de demain sera là : dans la singularité plutôt que dans la perfection.
La nature ne se contente plus d’être une plante verte
La présence végétale était très forte. Mais elle ne passait pas uniquement par quelques plantes disposées dans les décors. Elle était présente dans les matériaux eux-mêmes : fibres végétales, bois, formes inspirées du monde organique, branchages séchés, couleurs minérales… Certains stands donnaient presque l’impression d’entrer dans un paysage.
Cette approche m’intéresse particulièrement. Elle rejoint ma manière de penser un intérieur : créer des espaces qui nous reconnectent à des sensations naturelles plutôt que de reproduire une tendance décorative.
Et puis… Maison&Objet sait aussi surprendre

Tout n’était pas beige, bois et minimaliste ! Heureusement. J’ai croisé des installations spectaculaires : des étoiles lumineuses colorées, des décors de Noël féeriques, d’immenses compositions lumineuses et même un ours géant transformé en majordome. Ces univers sont très différents de ceux vers lesquels je me dirige dans mes projets. Mais ils ont aussi leur intérêt. Ils rappellent que la décoration peut faire sourire, étonner ou raconter une histoire.
Dans un salon comme Maison&Objet, cette liberté créative fait partie du plaisir de la visite.
Ce que je ramène de Maison&Objet 2026 dans mes projets

Je ne suis pas revenue de Maison&Objet avec l’envie de reproduire un stand ou d’appliquer une « tendance 2026 » à mes futurs projets. Ce n’est pas ma façon de travailler. Je préfère retenir des idées, des associations et des sensations, puis les adapter à un lieu et aux personnes qui vont y vivre.
De cette édition, je retiens particulièrement les teintes terreuses, les matières tactiles, le bois dans des finitions très naturelles, les formes organiques, la lumière douce et l’artisanat. J’ai aussi cette envie de créer des intérieurs moins figés et peut-être moins parfaits. Des lieux où une matière peut vieillir, un objet peut avoir une histoire, et une imperfection peut devenir ce qui donne du caractère à l’ensemble.
Finalement, la tendance qui m’intéresse le plus n’en est peut-être pas vraiment une.
C’est celle d’un intérieur plus naturel, plus sensible et plus personnel.
Un intérieur pensé pour durer, dans lequel les matières, les couleurs et la lumière participent réellement au bien-être de ceux qui l'habitent. C’est probablement ce que je retiendrai le plus de cette édition de Maison&Objet 2026.
— IL Architecte d’intérieur
IL Architecte d’intérieur • Maison&Objet 2026




Commentaires